Les corps amants

Dans les rues sombres sous la Lune,
Deux ombres furtives s'esquissent.
Elles s'enlacent ne forment qu'une,
Enveloppées par la nuit protectrice.

Elle se blottit contre son chevalier,
Du bout des doigts son corps caresse.
Elle joue avec sa cape son baudrier,
Il égare ses mains dans ses tresses.

La laisser se serrer dans nos bras,
Et contempler ensemble le silence,
Être enfin la Reine de son jeune Roi,
Dans la valse immobile d'une danse.

Contre le mur aux dentelles de lierre,
Sous le complice silence des étoiles.
Leurs regards éclairent les lumières,
Un amour secret lentement se dévoile.

Les brumes des deux coeurs s'unissent,
Dans le froid nocturne naît une fièvre.
Lancelot porte enfin ses lèvres au calice,
Il embrasse enivré la tendre Guenièvre.

Les deux souffles se murmurent,
Les promesses d'un amour éternel,
Proclamées par tous les augures,
Contre l'être aimé se scellent.

Les minutes se marient aux heures,
Le temps oublierait sa course folle,
Quand s'enlacent ainsi en choeur,
Des âmes en fleurs et leurs corolles.

La moindre voix et ils tressaillent,
Les amants des muses silencieuses.
Ils livrent en eux-mêmes bataille,
Gardent l'espoir d'une vie heureuse.

Elle abandonne le refuge de ses bras,
Se sépare à regret de son chevalier.
Elle marche solitaire dans le froid,
En versant mille larmes de rosée.

Des instants magiques ainsi dérobés,
Dans le secret d'une histoire interdite.
Sous le mystère d'un regard partagé,
Toutes les amours sont ainsi dites.









Vivre-et-ecrire.com
Tous droits réservés
Email : bthiers@hotmail.com
Lien(s) à la une : Petite Marie - Francis Cabrel