Je suis un canari dont on a voilé la cage.
Ils creusent, les forçats de l'inutile,
Retournant l'ombre et la boue,
Recherchant en terre les pierres futiles.
Je suis un canari dont on a voilé la cage.
Pour ne pas le voir suffoquer,
Ce bout de vie qui ne chante plus,
Pour continuer à fouiller, à gratter.
Je suis un canari dont on a voilé la cage.
Que vaut l'éclat d'une plume,
Le dernier cri d'un oiseau malade,
Quand la vie s'abîme dans l'écume.
Je suis un canari dont on a voilé la cage.
Personne n'enlèvera ce tissu,
Il a étouffé mes cris de révolte,
J'ai triste mine en cette galerie perdue.
Je suis un canari dont on a voilé la cage.
Mon chant résonne encore,
Dans le souvenir des pierres absurdes,
Entre les mains d'un chercheur mort.