Les visages se penchent et il pleut,

Les gouttes perlent sur ses yeux.

Les murmures se font alors silence,

Un ange passe dans l'errance.

Ses doigts sont si froids et durs,

Une main remonte la couverture.

 

"Elle tient serrée une croix de bois,

Allongée sur des coussins de soie."

 

Elle entend au loin les cantiques,

Ecoute proche prières et suppliques.

L'égarée s'avancerait dans la vallée,

Pour rejoindre disent-ils son berger.

Courageuse elle ne craint aucun mal,

Protégée de l'ombre des âmes sales.

 

"Elle attend que les roses fleurissent,

Et que soit porté à ses lèvres le calice."

 

Elle regarde la voûte en berceau,

Les archanges, apôtres et angelots.

Ils sourient d'or, d'argent et garance,

Avec élégance ils tournent et dansent.

La valse encore et toujours s'accélère,

Sur la fresque au final elle se perd.

 

"Elle tient serrée une croix de bois,

Allongée sur des coussins de soie.

Elle attend que les roses fleurissent,

Et que soit porté à ses lèvres le calice."

 

Les nuages jouent de l'azur éclatant,

Le soleil brille le froid est mordant.

Le drap monte, recouvre son visage,

Son sourire et son regard si sages.

Elle entend le vacarme des marteaux,

Un cercueil se ferme en deux sanglots.