Environnement et Santé
Ces ondes qui nous tuent
Autrefois, dans toutes les mines, on emportait un canari emprisonné dans une cage. Il souffrait lui aussi le silence des cris et des soupirs, des sons mats des pointes de pioche sur la roche. Pour de la houille, quelques pierres arrachées aux entrailles de la Terre. Pour enrichir ceux d'en-haut, ceux d'en-bas creusaient, fouillaient jusqu'à la fin d'un jour qu'il n'avait pas connu. La nuit venue, ils rejoignaient harrassés une sinistre maison de briques rouges. Ils s'endormaient comme souches et se levaient le lendemain, avant l'aube, pour survivre à une nouvelle journée sans jour.
Pourquoi arracher un oiseau de sa vie d'arbres et de fleurs ? Car un boyau boueux n'est pas un lieu pour les hommes et encore moins pour un malheureux compagnon à plumes. Le pauvre canari, si l'air se raréfiait ou si des gazs nocifs s'insinuaient dans la galerie, suffoquait et périssait. Les mineurs remontaient alors à la surface et gagnaient le sursis de quelques journées de survie supplémentaires.
Aujourd'hui, sur l'autel du profit, on sacrifie la santé de millions d'hommes et de femmes. Après les chocs pétroliers, l'économie mondiale était à bout de souffle. Il fut décidé de développer de nouvelles technologies qui deviendraient les moteurs de croissance. L'informatique connut alors un essor formidable, suivie très vite, dès le début des années 1990, par les progrès des télécommunications. La machine s'emballa, on inventa mille et une applications. On créa de nouveau besoins, devenus rapidement "vitaux" dans des sociétés de l'instantané sans âme et en plein non-sens : WIFI, WIMAX, BLUE TOOTH, autant de noms barbares, chancres loués par les richissimes promoteurs d'une certaine image de demain.
Des personnes, chaque jour plus nombreuses, ne supportent plus ces ondes qui les brûlent à petit feu. Les symptômes sont connus : migraines, vertiges, bourdonnements, sifflements dans les oreilles, décès suspects et cancers pour ceux qui vivent à proximité des antennes-relais. Le processus est proche d'une allergie; un jour, notre organisme sature face à cette agression et ne parvient plus à l'endiguer. Des études scientifiques ont démontré les dangers de cette technologie : les oeufs soumis aux irradations n'éclosent pas, les poussins meurent avant même d'avoir poussé leurs premiers cris.
Mais trop d'enjeux financiers se dissimulent derrière les technologies sans-fil. Alors, on se lance, pouvoirs publics, médias, scientifiques corrompus, dans une criminelle campagne de désinformation. On gèle les crédits de recherches de toutes les équipes qui évoquent une certaine nocivité des téléphones portables, on discrédite les victimes des champs électromagnétiques, on parle d'inquiétude infondée ou de psychose et on les orientent vers des soins psychiatriques.
La mine est maintenant à ciel ouvert, on a déraciné les arbres et les fleurs. Et les canaris qui hurlent leur souffrance au monde ? On les laisse pépier dans leurs bosquets, loin des chemins et des carrières. Et si leurs vols les mènent à proximité des mineurs affairés, alors on les enferme dans une cage d'indifférence voilée de mépris.
Rappelez-vous, Messieurs les industriels, les politiques et les scientifiques corrompus par l'argent, que le sang ne se lave plus quand il a tâché vos mains. Amiante, hormones de croissance, vache folle, sang contaminé, dioxyne, irradiation suite à l'accident de Tchernobyl, ne comprenez-vous pas la leçon ? Êtes-vous stupides ? Ou tout simplement, pensez-vous qu'un billet vert puisse blanchir une conscience ?
Je vous invite à découvrir à ce sujet le site www.robindestoits.org, qui milite pour une meilleure règlementation des antennes de téléphonie mobile.
Page précédente: À l'emporte plume
Page suivante: Droits de l'homme
