Seulement un songe

Ce matin je fais un songe. Quand le sommeil s'attarde et que l'éveil nous embrasse timidement; lorsque le tic-tac du réveil se fond avec les dernières mélodies du pays des rêves.

J'ai cru aimer, je pensais l'aimer... J'ai cru aimer une fée mais elle s'est révélée n'être qu'un mirage, un sourire de circonstance, le reflet terni d'une lumière que l'on cherche trop souvent chez l'autre. Mais quelle lumière ? La mienne sûrement. Comment puis-je l'aimer si elle comble un manque ? L'amour comme pathologie et thérapie ? Où est l'Amour, celui du Christ, celui que chantent les poètes ? Graal inaccessible ? Vais-je me perdre ? Ou mène cette quête, de mystérieuse forêt en château déserté par la princesse ?

J'ai pourtant envie d'y croire.

Les couvertures ne m'apportent aucune chaleur, je grelotte dans la pénombre. La fièvre doit me saisir, je le devine confusément. Les derniers limbes de mon monde imaginaire se dissipent, un regard s'accroche, ses yeux, mon reflet.

Le soleil levant perce à travers les volets qu'il embrase de pourpre. Je me lève en sueur et tâtonnant j'ouvre les barrières de bois vert. La lumière inonde la pièce et réchauffe corps et âme.

Un miroir contre un mur blanc de chaux. Vision furtive. Je remarque une paire d'ailes, des plumes froissées et roussies en leur pointe. Courage, l'aube perce, elle annonce un jour nouveau. Secoue-toi et prends ton envol ! Oublie ce songe, conserve précieusement tes rêves.

Les hommes ont-ils des ailes ?



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